Dix jours pour faire le tour de la Sardaigne

Dix jours pour faire le tour de la Sardaigne

9 mars 2023 0 Par Laurent

Par Jean-Paul Morel

Pour notre Road Trip de l’année 2022, nous avons choisi la Sardaigne. Un voyage de 10 jours qui nous a permis de faire le tour de l’île. Comme pour le Portugal en 2019, nous nous sommes adressés à Thierry de Road Story, mais avons ajouté deux jours à ce périple pour de la plage et de la piscine.

Au départ de Toulon, nous prenons le ferry pour une traversée de nuit en direction de Porto Torres. L’embarquement des nombreuses motos se fait avant les autres véhicules. Ça nous permet de rencontrer d’autres motards Français qui partent également pour le tour de l’île, mais nous ne nous retrouverons que le jour du retour sur le quai.

A Porto Torres en début de matinée, c’est le départ pour notre première étape qui nous conduira à Alghéro (240km). Direction la route côtière, pour rejoindre sur les hauteurs du village la cathédrale de Castelsardo. Ensuite direction les collines et une superbe route sinueuse qui nous conduit à la basilique romane de Santissima Trinita della Saccargia. Nous rejoindrons ensuite le golfe d’Asinara, direction le sud pour le Capo Caccia, puis retour à Alghero, ville fortifiée.

Le soir nous dégusterons une spécialité Sarde, le cochon de lait à la braise, fameux. Nous resterons deux nuits ici, pour nos permettre de visiter la vieille ville.

Le cochon de lait à la braise, fameux

6 juin

Cette journée va nous conduire dans le sud, nous allons rejoindre Guspini, à 210 km. La route côtière de Bosa est une succession de virages où la vue est époustouflante. La mer en contrebas aux eaux turquoises nous invite à la baignade. A Bosa, le château médiéval de Malaspina surplombe la ville. Nous continuons vers le site archéologique de Tharros situé à l’extrême sud de la péninsule de Sinis. Nous prendrons ensuite la route jusqu’à Oristano pour rejoindre plein sud notre étape du jour.

La route côtière de Bosa
Le château médiéval de Malaspina

7 juin

Aujourd’hui nous faisons une boucle de 270 km pour descendre tout au sud de l’île, une belle dose de virages à travers les montagnes inhabitées de l’Iglesiente. Nous visiterons le temple d’Antas, ensuite Iglesias une petite cité médiévale, labyrinthe de rues pavées, riche en églises et petites échoppes.

Le temple d’Antas

La route nous conduira ensuite au Mont Sirai où une forteresse carthaginoise est érigée ; puis descente vers les iles volcaniques de Sant’Antonio, un port de l’époque romaine, et San Pietro. Nous atteignons enfin l’extrême sud de l’ile et la baie de Ringhio aux eaux turquoises.

Le retour vers Guspini se fera par l’intérieur des terres à travers vallées et collines et le château d’Acquafredda juché au sommet d’une colline.

8 juin

Traversée de l’ile d’Ouest en Est pour rejoindre la côte orientale de l’ile en passant devant le site archéologique de Su Nuraxi témoignage de la civilisation Nuragique (âge de bronze, 1800/500 av J.-C.) inscrit au patrimoine mondial de l’humanité par UNESCO.

Visite très intéressante exceptionnellement en Français, une guide ayant décidée de nous faire plaisir. La route panoramique traverse de nombreuses vallées et des paysages somptueux. Arrivée sur la côte Est à proximité d’Arbatax et route panoramique jusqu’à notre étape du jour Cala Gonone dans le golfe d’Orosei, station balnéaire rattachée à Dorgali.

Su Nuraxi

9 juin

Aujourd’hui une boucle de 170km par les terres de Barbagia supérieure pour découvrir le centre montagneux de l’ile. Visite d’Orgosolo, célèbre petite ville pour ses nombreuses peintures murales célébrant la résistance sous toutes ses formes. La diversité des sujets est étonnante : guerre du Vietnam, bande Gaza, droit des femmes…

Il faut impérativement se balader à pied dans la ville, petites ruelles très pentues.

Continuation jusqu’à Mamoida et boucle autour du lac de Gusana. Nous remontons jusqu’à Nuoro au cœur de la Barbagia où se situe notre hôtel.

10 juin

Aujourd’hui, nous avions le choix entre deux itinéraires l’intérieur des terres (210km) ou par la route côtière (170km). Nous avons choisi la route côtière et nous ne serons pas déçus, car elle nous a fait passer par une succession de plage et de criques toutes plus magnifiques les unes que les autres jusqu’à notre destination pour trois nuits, Porto Cervo.

Une succession de plage et de criques toutes plus magnifiques les unes que les autres

11 juin

Là encore, nous avions le choix entre faire une balade vers l’ile de Maddalena (120 km), ou prendre une journée de repos. Finalement, nous avons opté pour l’ile. Nous prendrons donc la direction de Capo d’Orso par la route côtière jusqu’au port de Palau, où nous embarquons pour l’ile. Petite particularité : ici, pas de billet. On donne sa pièce d’identité qui est restituée au retour lors du paiement de la traversée.

Au débarquement sur l’ile, mieux vaut partir côté droit pour faire le tour de l’ile en ayant la mer du bon côté. Au pont Moneta, une digue qui permet d’aller sur l’ile de le Caprera, inhabitée.

12 juin

Journée de repos aujourd’hui. Les plages dans les environs de Porto Cervo ne manquent pas et offrent toutes une mer aux eaux limpides et propres. Là aussi, nous en prenons plein les yeux avec tous ces tons de bleus.

13 juin

Jour du départ. On prendra encore la route côtière, 32- 33 d’où l’on aperçoit les falaises de Bonifacio. Le Capo Paradisio, est une succession de plages et criques toutes plus belles les unes que les autres.

Arrivée à Porto Torres, nous retrouvons sur le port Didier et Corinne, les motards rencontrés sur le ferry à l’aller. Ils ont également fait un beau parcours…

A savoir

> L’essence est sensiblement au même prix qu’en France, bien faire le plein le matin avant le départ, il y a des endroits où il n’y a pas de station. Prix plus cher si vous vous faites servir.

> La plupart des menus, documents touristiques sont en Anglais, Italien et Allemand.

> Difficile de se faire comprendre, il semble que le Sarde ne fasse que peu d’effort pour traduire notre mauvais italien.

> Le prix des repas est également comme en France. Attention, les couverts sont facturés jusqu’à 5€/personne et le pain également est un supplément. Les vins Sarde sont très bons, rouge, blanc et rosé, compter entre 25 et 30€.

> Lors de l’embarquement sur le ferry, bien préparer vos affaires pour la traversée, il faut évacuer la soute rapidement, sous peine de se trouver coincer contre le bastingage.

> Pas de problème pour payer avec la CB qui est acceptée partout.

> Les routes sont en très bon état, et il n’y a pas trop de circulation.

> Vitesse règlementée comme chez nous, mais pour profiter des paysages somptueux, vous ne dépasserez le 80 que rarement.

A propos des sites visités

Castelsardo

La fondation de Castelsardo remonterait à 1102. Jusqu’en 1272, le port voisin de Frexanu (Frisgianu) dépendait du judicat de Logudoro (ou Torres, près de l’actuelle Porto Torres). En 1274, il devient une terre des Malaspina qui sera cédée aux Doria en février 1282. Ces derniers gouvernèrent le château jusqu’en 1448, date à laquelle il devient Aragonais, la dernière ville sur l’île qui était encore exclue du Royaume de Sardaigne.

Santissima Trinita della Saccaragia

Les premières informations historiques sur Saccargia remontent à 1116 après J.-C., année de la consécration de l’église. Le juge Constantine et son épouse Marcusa l’ont consacrée à la Sainte Trinité. Ce n’est qu’au XVIIe  siècle que la basilique a été restaurée et utilisée comme église au service de la paroisse de Codrongianos.

Le château d’Acquafredda

Situé à Siliqua, dans le sud de la Sardaigne à environ 30 km de Cagliari, le château d’Acquafredda est un témoignage important d’une structure fortifiée de l’époque médiévale. Il s’élève sur une colline d’origine volcanique, se développant à une hauteur de 256 mètres au-dessus du niveau de la mer.

Su Nuraxi

Su Nuraxi, situé à l’ouest de Barumini, remonte à l’Âge du bronze. Posé au sommet d’une colline surplombant la plaine, à une altitude de 238 m1, il constitue l’un des nuraghes les plus imposants et les mieux conservés que l’on puisse trouver en Sardaigne. À l’extérieur des murs d’enceinte s’étendait un village composé d’une cinquantaine de maisons, édifiées à plan circulaire au moyen de gros murs en pierre sèche, aux toits généralement recouverts de branchages. Ce village nuragique a été bâti entre le XIVe et le XIIe siècle av. J.-C.2

Orgosolo

En 1969, le village d’Orgosolo a été le théâtre la révolte de Pratobello. Le 27 mai de cette année, un avis apposé sur les murs de la ville demande aux bergers du secteur de Pratobello de transférer leur bétail ailleurs, cette zone devant être utilisée comme champ de tir. Contre cette mesure, les 3 500 citoyens d’Orgosolo se sont mobilisés et ont décidé de mettre en place une forme de protestation non violente en occupant pacifiquement la ville de Pratobello. Face à cette mobilisation, l’armée a abandonné les exercices et s’est retirée. Mais à la suite de ces faits, le phénomène du muralisme, ou mouvement de la peinture murale est né et se diffuse dans une soixantaine de villages de la Barbagia où avait lieu la transhumance en Sardaigne. Ce « mouvement muraliste » et les peintures sont devenues une importante attraction pour les visiteurs de la région.

(source : Wikipedia)

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