Je découvre le « hygge » : quand le Danemark me laisse un goût de reviens-y

Je découvre le « hygge » : quand le Danemark me laisse un goût de reviens-y

4 février 2024 0 Par Laurent

Au début du mois d’août 2022, alors que la France était accablée par la canicule, j’ai mis le cap sur l’Allemagne, pour faire l’Alpenstrasse (ou route Allemande des Alpes) puis la route romantique, ce qui m’a conduit jusqu’au… Danemark.

Au départ, ce pays s’est révélé conforme à ce que j’imaginais : plat, venteux, nuageux, qui suintait l’ennui en ce dimanche après-midi. Certes, je ne suis pas dans la partie la plus joyeuse du royaume, mais il émanait de ces lieux, comme des Pays Bas, une sorte de nostalgie grise « avec la mer du Nord comme dernier terrain vague », qui susurrait à l’oreille du visiteur qu’il ne faudrait pas y rester trop longtemps avant de choper le cafard.

En allant sur Esbjerg, j’espérais arriver dans une station balnéaire un peu animée. Eh bien non. Pas un resto, pas un bistro, pas un marchand de glaces ou de souvenirs futiles en bord de mer. Juste un sentier littoral naturel que l’on peut arpenter à pied ou à vélo sur des kilomètres et des kilomètres avec ses enfants blonds…

Finalement, le seul truc un peu dingue de la ville était mon hôtel (A place to Hôtel), avec son architecture hérissée tout en béton et acier sur 17 étages, oeuvre du cabinet BIG – Bjarke Ingels Group..

A vrai dire, je ne comptais pas rester très longtemps là haut, peut être aller voir l’île de Rømø, sur la mer des Wadden, même s’il n’avait rien à y voir autre que de la steppe ; même s’il n’y avait strictement rien à y faire, mais elle est reliée au continent par une route et ce passage entre terre et mer devait valoir le coup d’œil.

Mais en voyage, il faut savoir profiter des opportunités et se laisser porter par les événements. Ainsi, en consultant les prévis météo, j’ai vu que la perturbation qui était annoncée s’était décalée plus au Nord, et que cela promettait un temps plutôt ensoleillé sur l’ensemble du Jutland, malgré des passages nuageux et un thermomètre bloqué à 19°C au maximum. Donc cap au Nord, pour arriver face à la Norvège et passer voir l’emblématique phare de Rubjerg Knude, situé au beau milieu d’une imposante dune de sable, mais qui est menacé par l’érosion de la falaise, alors qu’il avait été érigé, à l’époque, à 200 mètres du précipice !

La route côtière entre Esbjerg et Hirtshals n’est pas la plus courte, mais est sans doute la plus jolie, bande de terre entre deux mers traversant plusieurs fjords. Et on prend même du plaisir à rouler dans ce pays sans montagne, avec des paysages tantôt d’un ennui beauceron, tantôt d’une beauté divine. La lumière du Nord, qui peut changer du tout au tout en quelques kilomètres, sublime encore l’ensemble et fait avaler sans efforts les dizaines et dizaines de kilomètres de ligne droite. Un coup à se choper des pneus carrés, assurément !

A Hirtshals, on est face à la Norvège et j’ai croisé pas mal de motards, bien chargés, en route vers le cap Nord. J’aurais pu moi aussi embarquer dans un ferry pour faire ce voyage, mais on ne monte pas au Cap en blouson mesche et chaussures d’été, ce serait une folie ! Ce sera donc pour un autre voyage…

En attendant, j’ai été réellement conquis par ce pays laborieux, tout plat, prospère, où toute chose est en ordre et à sa place, plus encore qu’en Suisse. On en conçoit alors un sentiment de plénitude assez indescriptible, d’autant que partout, dans les hôtels, les restaurants, les stations service, l’accueil est bienveillant et de qualité. C‘est sans doute cela qui contribue au « hygge », expression intraduisible qui signifie qu’on est bien dans l’instant, bien avec les autres, que le bonheur est fait de choses simples et que le bonheur du voisin rend le sien encore meilleur. Ce qui fait des Danois, dans toutes les études, le peuple le plus heureux de la terre…

Avant de reprendre la route en direction de Brême en Allemagne, j’ai visité Aarhus (ou Århus en danois), un joli petit port. D’une façon très danoise, des bénévoles étaient déployés dans les rues de la ville, au service des touristes, pour les orienter et répondre à leurs questions sur le patrimoine. Ils sont une vingtaine, souvent retraités, à faire ça. On les reconnaît à leur gilet rouge et leur badge « ask me ». C’est une initiative plutôt sympa !

J’ai donc quitté donc le Danemark avec l’envie d’y revenir. C’est vraiment un pays à visiter, mais il demande un peu de moyens : la vie y est aussi chère qu’en Suisse ! Pour les Français d’un certain âge, sachez que la Kr est à 0,13 €, alors que le FrF était, au moment du passage à l’euro, à 0,15 €. A une vache près, on retrouve donc nos prix en FrF et ça donne un peu le vertige de payer son entrecôte 250 balles au resto ou faire un plein de moto à 300 balles !

Après, quand on aime, on ne compte pas.

Partagez cet article sur vos réseaux sociaux