Une balade irlandaise

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L’Irlande est une destination de rêve pour les motards. On y va pour la beauté de ses paysages, les lacs, les montagnes, la Guiness, mais surtout pour la gentillesse des Irlandais ! Voici des traces GPX (un fichier par jour) pour un road-trip d’environ 8 jours au départ de Rosslare jusqu’à Dublin en passant par Galway, le Connemara et toute la côte ouest.

Ces fichiers sont bien sûr à adapter à votre envie de voyage !

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Description

Ça m’a pris comme ça. A peine rentré de vacances, j’avais un peu plus d’une semaine devant moi avant la réunion de rentrée de ma boîte, en Bretagne. Je devais donc mettre le cap à l’ouest, et c’est en regardant mon atlas Michelin qu’arrivé à hauteur des pages consacrées au Cotentin, je me suis souvenu que depuis Cherbourg, on peut rejoindre Rosslare. Trois clics sur le web plus tard, j’avais mon billet pour une traversée direction le sud de l’Irlande, mais sans cabine, le ferry étant complet. Qu’importe ! Depuis le temps que je voulais découvrir cette terre !

Après les 18 h 30 de traversée je n’avais qu’une hâte : me dégourdir les roues. Plutôt que gagner Cork par une grande route côtière trop fréquentée, j’ai décidé de découvrir le pays par sa campagne, en prenant par le Nord suivant un itinéraire de presque 240 km. Avec à la clé de magnifiques paysages, déjà.

Gîte trouvé, après un passage par le pub, je me suis couché tôt, car une grosse journée m’attendait sur la pointe sud de l’île suivant une boucle de 450 km.

Jour 2

J’aurais pu, pour résumer cette deuxième journée en Irlande, publier une centaine de photos – pas moins – pour souligner la beauté des paysages du sud-est de l’île ; mais aussi beau ces paysages de pixels seraient-ils qu’il leur manquerait une dimension essentielle, propre au voyage : le ressenti. Les ressentis, plutôt : celui de la route, souvent très étroite, qui monte, tourne et descend, celui du relief, celui de la météo qui peut varier presque d’un virage à l’autre, celui du vent et des odeurs iodées qu’il transporte… seuls les motards peuvent vivre ça !

Dans de tels paysages, les 450 km sont (presque) passés crème. C’était beaucoup, mais ces routes valaient le détour.

Demain sera plus calme, avec « seulement » 350 bornes au programme pour relier Galleway, la capitale du fameux Connemara…

Jour 3

Parti de Trelee sous le ciel gris, ce matin, c’est par une nationale rapide que j’ai gagné Limerick, la 3e ville du pays (après Dublin et Cork). Une ville plutôt industrielle, avec un centre ancien Georgien assez réduit, le beau château du roi Jean (du XIIIe s.), mais surtout une ville qui a une âme. C’était d’ailleurs assez animé, aujourd’hui, car le club local vient de remporter la finale du championnat d’Irlande de foot face à Cork.

Alors que le ciel bleu faisait son apparition, je me suis dépêché de gagner la côte pour suivre un très bel itinéraire de la bourgade de Quilty jusqu’à Galway, que je visiterai sur ma boucle de retour. Pour l’heure, direction la baie du lac Cortib, l’un des lacs du Connemara, mon étape du jour dans un superbe établissement…

A ce propos, c’est étonnant : jusqu’à présent, tous les propriétaires de B&B où je me suis arrêté ont pris le temps de venir discuter avec moi le matin au petit-déjeuner, de ma route, des voyages à moto, de l’Irlande et même du Brexit ! Ils me disent que mon anglais est « excellent ». C’est gentil, mais je n’en crois pas un mot… je cherche trop mes mots et ma grammaire est approximative.

Demain, je continue ma progression vers le Nord du pays, avec à nouveau 351 km au programme sous un ciel qui s’annonce chargé et gris… mais bon… « C’est le décor du Connemara », on connaît la chanson…

Jour 4

En voyage, on ne sait jamais de quoi la journée sera faite. Ainsi, j’ai voulu jouer au con et j’ai perdu. Quoi que… peut-être pas. Car j’ai pu à l’occasion mesurer l’incroyable gentillesse des Irlandais !

Ce matin, j’ai eu du mal à décoller. Parce que mon nid était très très douillet et que le ciel était gris. Mais bon… j’avais 350 km a avaler, alors fallait bien s’y mettre…

Départ 10h et cap au nord. Très vite, le paysage a changé, devenant plus sauvage, plus austère aussi. De la tourbe, des lacs et des moutons à perte de vue (et sur la route). Mais une nouvelle fois, le charme de cette terre hors du commun a agi. C’est sauvage et beau. Avec du soleil, sûr que ce serait un coup à décider d’y rester.

Y rester, c’est ce qu’à fait la vendeuse de crêpes, une Ardèchoise devenue Irlandaise qui avait installé sa roulante sur ma route et a tout de suite percé mon accent « frenchie ». Elle est tombée amoureuse du bled et d’un Irlandais, alors elle y est restée et fait des crêpes qui ont un grand succès auprès des autochtones…

Le soleil a fini par faire son apparition en milieu d’après-midi, me rendant un peu trop optimiste : absorbé par un paysage de plus en plus sauvage et désertique, j’ai laissé passer une station essence alors que j’arrivais à 300 km depuis mon dernier plein. Et au bled suivant, à 326 km, la station annoncée était fermée !

J’y ai croisé Peter en Honda monkey 125 qui a vu que j’étais bien ennuyé… Ensemble, on a décidé de gagner la station suivante à 19 km. Fermée aussi. Puis une troisième, à 12 km de plus, fermée encore !

Je ne pouvais plus aller plus loin. Peter m’a alors dit de l’attendre, il allait aller chez ses parents, à une dizaine de km, pour chercher du carburant pour moi.

Entre temps, le gérant de la station service, qui était dans le secteur, a vu que j’attendais du ravitaillement et a rouvert les pompes et sa caisse.

Quand Peter est revenu avec une bouteille de 1,5L de sans-plomb, j’avais fait mon plein. 21,5 L sur 22 ! J’étais au bout du bout !

Le gars n’a pas voulu que je le dédommage et comme le pub était fermé, on n’a même pas pu boire un coup ensemble. Il a été extra, mais pour lui, il était normal de m’aider… c’est aussi cela l’Irlande !

Ce soir, mon gîte est au milieu d’une lande désertique battue par le vent. C’est une superbe maison moderne équipée d’un jacouzzi où je vais me plonger avec délectation.

Demain, mon itinéraire m’emmène tout au Nord de l’île. 383 km au programme sous un ciel partagé entre nuages et éclaircies…

Jour 5

Toujours plus au Nord, je vais atteindre demain mon point d’aboutissement et amorcer un retour vers Dublin, non sans retourner voir cette étrange terre du Conemarra.

Ce soir, je ne suis qu’à quelques kilomètres de Londonderry et de l’Ulster, mais je ne peux franchir la frontière : pour entrer au Royaume Uni, il faut en effet le pass sanitaire plus un test PCR… bien sûr, je pourrais y aller au flanc, comme me l’a conseillé Gary à mon départ du gîte, ce matin, puisque malgré le Brexit, et pour ne pas fâcher les populations locales, il n’y a pas de contrôles. Mais ce que j’aurais aimé voir, c’est la ville de Belfast ! Et là, dans ce chaudron surveillée comme le lait sur le feu par les autorités, un motard Français ne serait pas passé inaperçu. Tant pis !

En remontant, cet après-midi, j’ai eu un temps l’impression de traverser un désert : sur des kilomètres et des kilomètres, plus un humain, plus une maison et, fait rare, plus un mouton ! Il n’aurait pas fallu planter la GS au risque d’attendre longtemps l’arrivée d’une main secourable. D’ailleurs, prévoyant le coup, j’avais fait le plein !

Mais ce qui reste étonnant c’est que le paysage peut changer du tout au tout en quelques kilomètres, passer de vallées verdoyantes comme on en voit en Grande-Bretagne à une immensité de tourbières, puis déboucher sur cette côte au relief tourmenté…

Mes hébergements sont à l’avenant : je passe d’une luxueuse maison d’architecte à une vieille maison Victorienne ; d’hôtes un peu distants à un tenancier beaucoup plus volubile, collectionneur de vieilles bagnoles, ce qui promet une belle ambiance au petit-déjeuner, demain matin, qui sera pris en commun par toute la maisonnée à 9 heures… les règles sont précises…

Jour 6

Arrivé tout au Nord de la République d’Irlande, à la pointe du Malin, face à l’Atlantique, on se dit que plus loin, bien plus loin, se trouvent les îles Féroé…

C’est quand même étrange que ces « finistères » attirent les voyageurs, alors qu’il ne s’y passe absolument rien. Pourtant, on y va tous. Comme ce motard d’Ulster croisé sur le parking alors qu’il retournait à sa BM S1000XR flambant neuve à côté de laquelle j’avais parqué ma vieille GS de plus en plus sale, et qui m’a expliqué adorer la France, ce pays de Cocagne où il est venu un été à moto, il y a quatre ou cinq ans…

C’est une autre loi du genre humain : on pense toujours que l’herbe est plus verte dans le pré du voisin. C’est ce qui nous incite à passer monts et vallées, franchir les océans, juste pour aller voir. Découvrir de nouveaux paysages, de nouvelles façon de faire, de nouvelles latitudes. Poussés par la curiosité, mais dans un grand confort, quand d’autres sont poussés à s’exiler par la faim, la guerre, les fous…

Ce soir, retour près de Sligo par de nouvelles routes avant de piquer vers l’Est à travers la campagne en longeant l’Ulster où, sans le vouloir, j’ai fait une incursion. Mais il n’y avait pas de panneau pour marquer la frontière. Détail amusant : depuis l’Eire, on dit Derry. Et non pas Londonderry. Des anonymes ont d’ailleurs corrigé les panneaux indicateurs à la peinture noire… les histoires de territoires restent visiblement sensibles entre les deux Irlande…

Jour 7

Autant les panoramas d’Irlande sont une splendeur, autant j’ai trouvé les villes, jusqu’à présent, assez quelconques, même si j’ai bien aimé, cet après-midi, me balader dans Galway. Avant de retourner, une nouvelle fois sous un ciel gris, arpenter le surprenant Connemara avec ses routes escarpées, ses roches à perte de vue et la mer qui arrive au détour d’un virage, sans prévenir…

Sur certaines routes, qui sont presque des chemins, je suis content d’être en GS. Mais avec presque 400 bornes par jour depuis une semaine, la fatigue se fait sentir, d’autant que la température chute un peu. Demain : direction Dublin (avec une balade de 380 km de nouveau), mais vendredi, repos et visite de la ville au programme. Avant le retour en France…

Jours 8 et 9

Et me voici à Dublin et sur la côte Est de la mer d’Irlande. Pour y arriver plus vite, j’ai quelque peu raccourci ma balade, qui n’a fait « que » 250 km, passant par Athlone, Cavan et Slane (et sa fabuleuse distillerie).

De ce côté les villes ressemblent aux villes du Royaume-Uni et comme là bas, les maisons sont multicolores, ce qui met un peu de gaieté dans les rues…

J’appréhendais la traversée de Dublin au guidon d’une moto haute sur pattes, lourde et refroidie par air. Mais un œil sur le trafic (les feux, les priorités, les piétons, les bus, les vélos, les trottinettes et les livreurs de repas à domicile, dont il faut particulièrement se méfier), un autre sur le GPS et sur la jauge de température moteur, c’est passé tout seul. Pas de bouchon, chacun à sa place et dans le calme… on est loin de Paris, de ses friches, de sa folie et de sa crasse.

Mon hôtel est situé un peu en retrait du centre-ville, dans le quartier du bord de mer, assez huppé. C’est un vieux bâtiment de style édouardien, qui fut jadis un grand hôtel, mais qui sent un peu l’encaustique avec son salon de lecture et son jardinet à fontaine. Avantage : ma moto y bénéficie d’un parking privilégié.

Demain : visite de la ville… avant un retour vers la France. Je repars plus que conquis par ce pays et ses habitants. J’y reviendrai, c’est sûr ! Téléchargez les traces pour cette balade de 8 jours de roulage.

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